• Gel du Pass culture : une décision brutale et révoltante  

    Ce jeudi 30 janvier a été annoncé le plafonnement de la part collective du Pass culture à 50 millions d’euros jusqu’en juin 2025 alors que 97 millions d’euros avaient été alloués en 2024.
    La part collective du Pass culture concerne les moyens alloués à l’Éducation nationale pour faire intervenir des associations ou acteurs et actrices culturel·les dans les établissements ou organiser des sorties scolaires. Elle sert beaucoup à financer les projets éducatifs artistiques et culturels.

    Depuis sa mise en place, le Pass culture interroge sur les modes de financement des interventions culturelles en milieu scolaire. En effet, la mise en place de ce dispositif a réduit les fonds propres dont bénéficiaient les établissements scolaires pour créer des projets et faire venir des intervenant·es. Il repose sur une logique d’« offres culturelles » qui doivent intégrer une plateforme dénommée Adage. Celle-ci exclut une partie des intervenant·es historiques qui ne correspondent pas aux critères de la plateforme Adage.

    L’annonce a provoqué un vent de panique chez les personnels de l’éducation qui ont assailli la plateforme. Pourtant, dès le 30 janvier au soir, nombreux·ses ne pouvaient plus valider sur la plateforme Adage les demandes d’intervention, semblant indiquer que la limite des 50 millions était atteinte. Ces coupes budgétaires brutales mettent à mal le service public d’éducation : elles doivent cesser.

    Du côté du monde culturel, le choc est grand aussi. Cette décision soudaine remet en cause nombre de projets en train de se construire et porte atteinte au déjà fragile équilibre des associations culturelles et des compagnies. Cette décision met le milieu culturel et artistique en danger. C’est le plan social du secteur qui continue.

    Nous dénonçons cette décision unilatérale, soudaine et brutale.

    Elle renforce les effets de concurrence et laisse sur le carreau des milliers de professionnel·les des milieux culturels et artistiques, des équipes éducatives et des élèves.

    Nous demandons : 

    — le financement des  projets artistiques et culturelles à la hauteur des besoins ;

    — le rétablissement immédiat des budgets de l’Éducation nationale qui étaient en vigueur pour les projets artistiques et culturels avant la mise en place du Pass culture ;

    — un plan de financement pour la culture et la fin des financements par projet. 

    Nous appelons les milieux culturels et éducatifs à se réunir en assemblée locale, afin de s’emparer collectivement de ce sujet et de revendiquer les moyens nécessaires. 

  • Contre l’extrême-droite : faire front populaire et culturel 

    Le résultat des élections européennes avec une extrême-droite à 40% a confirmé une situation terrible en France. Ce score rend compte de la normalisation des expressions d’extrême-droite dans la société. Elles sont devenues des opinions banales, comme les autres, y compris dans les espaces culturels, comme le montre l’existence de parc comme celui du Puy du Fou qui a été créé par Philippe de Villiers, figure historique de l’extrême droite, l’arrivée des chartes d’engagements républicains auxquelles doivent se soumettre les structures culturelles pour les demandes de subventions dans de nombreuses régions, l’annulation de spectacle de Drag Queen et Drag King… Une partie de la culture s’est fait le vecteur de ces idées nauséabondes.

    Ces résultats ont été rendus possible par les politiques antisociales du gouvernement Macron. Nous sommes toujours en colère du recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, des coupes budgétaires dans nos services publics ou encore des réformes de l’assurance chômage… L’annonce, ce lundi 10 juin, du maintien par décret de la dernière réforme de l’assurance chômage est un énième signe que Macron cherche à punir les chômeurs et les habitant·es de ce pays. 

    Syndicaliste, nous le savons : l’extrême-droite est l’ennemie des travailleuses et des travailleurs.Travailleureuses de la culture, ce sont nos métiers, le régime de l’intermittence, la diversité culturelle qui seraient plus que jamais dans le viseur.  L’extrême droite est l’ennemie des femmes, des personnes racisées, des LGBTQIA+… Elle est dangereuse.

    De cette situation, Macron a fait un feu de joie en dissolvant l’assemblée. Cela rend possible une arrivée du RN au pouvoir dès juillet. Le bilan sera désastreux pour tous les conquis sociaux. Macron détruit le pays, ce qu’en ferait le RN est sans aucune mesure. Le gouvernement actuel a déjà prévue une baisse de budget de 200 millions d’euros pour la culture, favorisant la précarisation de notre secteur. Le RN, comme l’ont montré leurs votes à l’assemblée nationale qui vont systématiquement contre le soutien à la culture et sa diversité, fera encore pire nous le savons. Ni Macron Ni l’extrême droite ne sont des solutions pour notre avenir. 

    C’est pourquoi le choc et la sidération des résultats de ces élections européennes ne doivent entrainer seulement un sursaut pour faire barrage. C’est l’ultime avertissement, nous devons lutter au quotidien contre l’extrême-droite, les fachistes, et les capitalistes. 

    3 semaines avant le vote, c’est demain, c’est pourquoi nous appelons tout un chacun à rejoindre les collectifs de lutte en création dans les villes et sur les lieux de travail, mais aussi à se solidariser entre travailleureuses de la culture. Face à ce qui arrive, il faut nous préparer, nous organiser collectivement.

  • Motion de soutien au mouvement de lutte du collectif Sous les écrans la dèche   

    Notre section Sud Culture est composée de travailleurs·ses isolé·es du monde de la culture aux statuts et régimes multiples : nous ne connaissons que trop bien la précarité que cela nous impose. Certain·es d’entre nous sont en lien réguliers avec les festivals de cinéma et leurs travailleur·ses. Ils nous permettent de montrer nos films pour certain·es, de travailler pour d’autres. 

    C’est pourquoi, nous souhaitons affirmer par ce communiqué notre pleine solidarité avec la lutte en cours du collectif Sous les écrans la dèche. Iels réclament leur affiliation au régime de l’intermittence via l’annexe 8 de l’assurance chômage avec 18 mois de rétroactivité et l’intégration des festivals de cinéma à une convention collective adaptée. 

    Leur mouvement intervient après une énième casse de l’assurance chômage par ce gouvernement. Les conséquences sont désormais visibles : de nombreux travailleurs·ses déjà précarisés par le passé, n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Leur travail intermittent correspond parfaitement au régime pensé pour cela : l’intermittence du spectacle. Nous réaffirmons la nécessité de l’élargissement de ce régime pour tous·tes les travailleur·ses en période discontinue d’emploi du monde de la culture. 

    Nous soutenons la lutte des travailleurs·ses précaire des festivals de cinéma et seront à leurs côtés. Nous appelons nos adhérent·es et nos soutiens à signer leur tribune ainsi qu’à suivre et relayer leur combat.